Revue Sociolinguistique & Didactique (SociD) N°5: ONOMASTIQUE PARTISANE EN AFRIQUE

Appel à contribution: 
ONOMASTIQUE PARTISANE EN AFRIQUE 
Les partis, les regroupements et les associations politiques ont des noms.

Chacun d’eux a le sien, qui la distingue de façon singulière. Cette caractéristique fonde le classement des noms de partis politiques dans la catégorie des noms propres. Ces noms propres revêtent deux caractéristiques particulières : ils sont choisis, par les responsables des organisations politiques ; ils sont formés de mots appartenant au lexique courant et porteurs de sens. La valeur descriptive par rapport à ce qu’il dénomme n’est pas nécessairement établie. Ce numéro se propose de décrire et
d’enrichir la connaissance de l’onomastique partisane à travers le prisme des sciences du langage, du politique, de la sociologie et de la communication.

Ce numéro se fonde sur l’abondante littérature scientifique relative à l’onomastique, et plus singulièrement à celle, encore peu féconde et plutôt récente, concernant les partis politiques. Tournier M. (1981) avait interrogé pour la première
fois la structure des noms de partis. Dans cette même optique, Bacot P. (2010a et b) a questionné respectivement la dénomination des assemblées parlementaires en Europe et l’onomastique politique. Des travaux récents sur les noms des organisations politiques saisissent le nom propre dans ses emplois en discours. Ils replacent la dénomination dans une perspective dialogique, particulièrement intéressante s’agissant d’un monde conflictuel par nature. La question de la signifiance du nom propre, et des modalités de cette signifiance, trouve par ailleurs une place centrale dans l’étude des noms de partis et des stratégies qui sont au
fondement de leur existence.

Le baptême d’un parti est un acte de langage qui fonde son existence en tant que tel. Ce numéro se propose de questionner les conditions sociales et particulièrement les conditions politiques qui valident le choix du nom, notamment par rapport aux autres noms de partis existants ou passés auxquels faire référence, ou par rapport au statut et à la composition du référent lui-même. Il se penchera également sur sa forme et à sa syntaxe (présence d’une ponctuation, d’un article défini, d’un adverbe ou encore d’une préposition, usage des majuscules, intégration d’un nom propre, référence à une réalité africaine, etc.).

L’emploi du nom de parti dans les discours, à l’intérieur et à l’extérieur du parti, pourra être analysé, notamment dans les tracts, les textes journalistiques, les chansons populaires, le théâtre, les réseaux sociaux, les interviews ou dans les autres interventions publiques.

Aussi, ce numéro questionnera les modifications morphologiques dont les noms de partis politiques font l’objet (troncation, siglaison, dérivation, etc.). On prendra en considération les différentes prononciations du nom et de son sigle, ou encore, sur le plan sémantique, ses emplois métonymiques ou métaphoriques, que ceux-ci soient utilisés par les partisans ou par les opposants, tant de façon méliorative que péjorative.

Ces questions sont à replacer dans l’évolution de nos sociétés vers un marketing envahissant et une juridicisation croissante : le nom propre est perçu comme une ressource appropriable qu’il convient de défendre, ou d’attaquer – une marque. Un intérêt particulier sera porté aux débats, voire aux batailles pour la dénomination partisane, ainsi qu’aux processus de changements (proposés ou effectifs) de noms, en lien avec une plus ou moins grande continuité revendiquée, ou au contraire avec l’affirmation d’une rupture ou d’une transformation. Ce débat peut perdurer, voire apparaître, une fois le nom bien établi, par le biais de discussions sur sa motivation linguistique. On accordera une attention particulière à la présence ou à l’absence du mot parti (ou de ses concurrents, comme « mouvement » ou « rassemblement ») dans la dénomination de l’organisation et dans les discours à son sujet.
Pourront être pris en compte les noms de partis de toutes tailles, de toutes époques et de tous pays d’Afrique. La visée comparative sera essentielle dans ce dossier, que les articles soient des monographies conçues pour alimenter la comparaison, ou qu’ils soient directement construits sur la base d’une comparaison opérée dans le temps (constance, évolution ou changement des noms de partis), dans l’espace géographique (différences et points communs entre des nations) ou dans l’espace politique (différences et points communs entre des familles idéologiques) – ces trois dimensions de la comparaison pouvant évidemment se combiner. Enfin, un lien pourra aussi être établi avec les dénominations voisines de celles des partis politiques : noms de syndicats, de coalitions et de listes électorales, de groupes parlementaires.
Références bibliographiques
Tournier Maurice,
1981,
« Vers une grammaire des dénominations sociopolitiques au début de la Troisième République (1879- 1905) », Mots.
Langages du politique, pp.51-72.
Bacot Paul, 2010a, «La dénomination des assemblées parlementaires en Europe»,
Assemblées et parlements dans le monde du Moyen Âge à nos jours, 57ème
conférence de la Commission internationale d’histoire des Assemblées d’État, J.
Garrigues et al. (éd.), Paris, Assemblée nationale,pp.1468-1491.
Bacot Paul, 2010b, « Développement et diversification d’une onomastique
politique », Mots. Les langages du politique, 94, pp.47-56.

Modalités de soumission

  • Résumé de 500 mots maximum en anglais ou en français;
  • Adresse : laboratoiresociolinguistique@yahoo.fr
  • Date importante d’envoi des résumés: 30 août 2019 au plus tard
  • Date importante de notification de l’acceptation des résumés : 15 septembre
    2019
  • Dernier délai de réception des textes complets : 30 novembre 2019
  • Langues du numéro : anglais, français
  • Contribution des participants : 0.00 FCFA

      Publication du numéro

    Janvier 2020.

    Télécharger l’appel ici

Leave a Reply

Your email address will not be published.